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La Nouvelle Centrafrique

Mieux comprendre la CENTRAFRIQUE : Analyse...

7 Janvier 2012 , Rédigé par Observatoire Centrafricain Economique Et Social

Mieux comprendre la CENTRAFRIQUE : Analyse structurelles et économiques

Partenariats économiques et commerciaux

Depuis près d'une décennie, la RCA tente désespéremment de rendre le pays attractif en matière de partenariat économique et industriel avec l'extérieur.

De fait, comme le rapporte la Banque Mondiale fin 2010, le pays occupe la dernière place (183/183) dans le classement de Doing Business(3), en matière de climat des affaires.

Conscient du fait, Les autorités depuis 2006 ont mené de nombreuses initiatives visant à l’amélioration de ce climat.

Un cadre permanent de concertation Etat/Privé vit le jour dès 2006, comité mixte donc, ayant pour mission de définir les mesures susceptibles de créer un environnement des affaires favorables à l’investissement intérieur et extérieur, à la dynamisation d’un secteur privé compétitif, efficace, porteur de dynamique, promoteur de croissance et de création d’emplois.

Ces efforts notables ont permis d’améliorer le classement de la RCA en matière de création d’entreprise. Ainsi, est-il passé du 169e rang mondial en 2009 au 158e en 2010 en matière de création d'entreprises.

Ce comité mixte peu après sa création, avait reçu l'appui de la SFI ( la Société financière internationale) (SFI)(2), l'aidant à créer cinq commissions techniques correspondant aux différents indicateurs de Doing Business(3).

Par exempe, le Comité mixte a initié une série de réformes en matière de création d'entreprise et de transfert de propriété.

- Réduction de plus de 50 % des frais d’enregistrement pour la création d'une société et pour le transfert de propriété

- Suppression de la carte de commerçant et de l’agrément ministériel, et des coûts afférents (lors de la création d’entreprise)

- Suppression des frais de publication des avis de constitution de sociétés

- Suppression du paiement anticipé des frais d’immatriculation à la sécurité sociale.

Par ailleurs, la SFI(2) en 2010 aida, dans le cadre d'un programme de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique, appuya une banque privée centrafricaine à augmenter sa capacité à soutenir le secteur des PME.

Et c'est encore la SFI(2) qui avait fourni une assistance technique au renforcement des capacités du guichet unique et du Comité mixte.

Le ministère des PME, avec l'aide du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace)(4), avait organisé du 24 au 25 novembre 2010 une table ronde sur la problématique du financement du secteur privé en RCA.

Il en résultât une meilleure appréhension difficultés et des contraintes liées au développement du secteur privé centrafricain, et une analyse des voies et moyens pou l'instaurer un partenariat gagnant-gagnant entre la communauté des donneurs et les opérateurs économiques en RCA.

Le système financier centrafricain

Il est très restreint, localisé uniquement à Bangui, et se réduisant à quatre banques commerciales et quelques institutions mineures de microcrédit.

A l'évidence cela contribue peu au développement économique.

Plus en profondeur, la médiation financière demeure encore extrêmement faible.

En 2010, le bilan consolidé des banques ne représentait que 12.5 % du PIB, tandis que les dépôts et crédits ne totalisaient eux que respectivement 8.5 % et 6.5 % du PIB.

Par ailleurs, les activités de prêt du secteur bancaire sont lourdement entravés par les faiblesses structurelles telles que les absences d'un cadre légal et réglementaire, la nature à court terme des ressources bancaires, ainsi et surtout par la rareté des projets bancables.

Il fallu attendre l'année 2009 pour que enfin, les autorités consentent à la bancarisation des salaires, puis, en février 2010, à l'obligation du règlement des impôts par l’intermédiaire des banques. Tout cela dans l'optique de dynamiser le secteur bancaire, relativement atone jusque là.

Ces initiatives eurent l'avantage d'encourager la médiation bancaire et de favoriser la formalisation de l’économie, jusque là livrée à l'amateurisme et au coup par coup empirique.

A noter de même les efforts de l'Etat à rembourser les emprunts de l'État aux banques commerciales, ce qui permit à ces dernières d’améliorer leur position en matière de risques d’engagement auprès de la puissance publique, et à renforcer leur liquidité et leurs activités de prêt au secteur privé, même si leur rentabilité devait en pâtir.

Conséquences, en 2010, le volume des crédits s’est accru de 23.2 %, dont la majeure partie a été allouée aux sociétés de commerce et de télécommunications émergentes sous forme de prêts à court terme.

Cette même année 2010 vit les autorités centrafricaines continuer à préserver la stabilité du système bancaire, en ordonnant notamment la réorganisation d’une banque commerciale en difficulté en coopération étroite avec l’organe régional de réglementation et de supervision, la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac).

Handicaps récurrents et efforts

La RCA encore fait face à de très sérieux freins et handicaps, en particulier dans le secteur public et celui des infrastructures, qui plombent la production intérieure. Ce qui rend sans intérêt la considération du PIB (Produit Intérieur Brut) comme ratio d'appréciation macro-économique.

Pourtant, des progrès sensibles et significatifs ont été accomplis dans le domaine du secteur public et de la gestion des finances publiques.

En matière de gouvernance administrative et économique, des résultats encourageants sur la transparence des finances publiques, sur la gestion des ressources naturelles, sur la planification et sur l’exécution des programmes de développement ont été observés.

La BAFD(1) et la Banque mondiale ont soutenu l'infirmatisation de la chaîne des dépenses publiques, de celle de la direction des impôts (Systemif) en interconnection avec la direction de la douane (Sydonia).

Toujours en 2010, enfin des comptes de gestion ont pu se mettre en place. Ce qui aidera ple Parlement dans l'adoption d'une loi de règlement.

La BAFD(1) et la Banque mondiale aident également les cadres et agents techniques des administrations centrale et décentralisées à acquérir et à renforcer leurs compétences en matière de cadrage macroéconomique, de planification et de gestion axée sur les résultats et, surtout, en matière de suivi et d'évaluation des projets et programmes.

Concernant la gestion des ressources naturelles, suite à la publication du nouveau code minier et à la mise en place de plus de transparence sur les activités des industries extractives, la RCA a publié en 2010 pour la première fois, des rapports portant sur les années 2007, 2008 et 2009 et indiquant les recettes de la production de diamant, d’or et d’uranium.

S’agissant du secteur forestier, le pays continue de mettre en œuvre le plan d’application des législations et de la gouvernance dans le secteur forestier en Afrique (Afleg – African Forest Law Enforcement and Governance), ainsi la révision du code forestier a permis que les dispositions de transfert aux communautés locales de 30 % des droits de coupe et de 25 % des taxes de reboisement soient effectives.

Mais en matière d’infrastructures, la population centrafricaine doit encore faire face à de grandes difficultés d'accès aux infrastructures socio-économiques de base : routes, transports, eau et énergie.

Constat est fait que le niveau des infrastructures de transport en RCA demeure parmi les plus faibles d'Afrique, bien que, pourtant, en raison de sa position géographique de pays enclavé sans façade maritime, ces infrastructures de transport sont d’une importance vitale pour le développement économique de la RCA.

Une bonne partie des investissements publics est engloutie dans les systèmes des transport.

Les principaux handicaps du secteur sont :

- Absence de liaison pérenne pour le développement de l’import/export par des voies maritimes

- Insuffisance des infrastructures existantes et de leur maintenance

- Faible densité du réseau

- Répartition inégale dans l’aménagement du territoire.

A noter l'existence d'un racket légal venant alourdir l’enclavement géographique du pays, ce sont les nombreux contrôles administratifs qui jalonnent les parcours, et alourdissent le coût du transport.

Pratiques abusives, inutiles qui ne devraient plus avoir lieu d'être.

Le transport routier

Il est le principal mode de déplacement, de fret et d’approvisionnement.

Sur un total de 24 000 kilomètres de routes en RCA, environ 1 000 sont bitumés, mais sans entretien ni maintenance.

Le réseau routier centrafricain, c'est 5 400 km de routes nationales, 4 000 km de routes régionales et 15 000 km de pistes.

La BAFD(1), la Banque mondiale et l’Union Européenne (UE) soutiennent, à travers le Programme régional de facilitation des transports en zone Cemac, une politique de développement des infrastructures de transports s’articulant autour de trois axes: le désenclavement du pays par rapport aux ports d’export/import des matières premières ou des produits manufacturés, la diversification des voies d’accès , et la viabilisation et l'interconnexion des pôles de développement. Malheureusement, depuis 2010 seulement 20% des travaux de ce programme ont été réalisés.

Par ailleurs, la BAFD(1) a approuvé en décembre 2010 la réalisation de l’étude du projet routier Ouesso (République du Congo)-Bangui (RCA)-N'Djamena (Tchad) et du projet de navigation fluviale sur le fleuve Congo et ses affluents, l’Oubangui et la Sangha.

Autres modes

La RCA est un pays qui jouit d'un très haut niveau pluviométrique.

Elle est par ailleurs traversée par des affluents du fleuve Congo, bénéficiant ainsi d'un exceptionnel potentiel de voies d’eau intérieures navigables.

20% de la circulation interne des marchandises transitent par ce biais.

Pour le transport aérien, Bangui la capitale possède le seul aéroport de classe internationale du pays, et il assure près de 90 % du trafic.

Quant aux trois autres aéroports (Berbérati, Birao et Bouar) ils sont dotés de pistes damassées et souvent en mauvais état.

Le domaine de l’énergie

Entre négligence et manque de moyens, la situation de la RCA en ce domaine reste très très précaire.

À peine 4 % de la population en moyenne nationale avaient accès en 2010 à l'électricité (15 % à Bangui et 1 % dans les centres secondaires), contre 30% en 1964 (60 % à Bangui et 35 % dans les centres secondaires).

Le milieu rural qui abrite la plupart des populations pauvres a un accès nul à l'électricité.

En 2004, le gouvernement avait adopté un document dit : cadre national de politique énergétique en vue de réduire la pauvreté pour la période 2005-2010.

Ainsi, le secteur fut libéralisé par la publication d'un Code de l’électricité, puis par la création de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsec) ainsi que de celle de l’Agence autonome de l’électricité rurale (Acer), chargées de la régulation du secteur et d’appliquer la politique du gouvernement en matière d’électricité rurale.

Pourtant, la Centrafrique a largement les moyens naturels pour s'électrifier, et meême pour en exporter.

Le pays dispose d’un réseau hydrographique assez dense avec de nombreux sites à haut potentiel hydroélectrique, mais non exploité.

La consommation d’énergie du coup est assurée à 90 % par le bois de feu (ce qui contribue à la déforestation), le reste est assuré par des produits pétroliers importés et, à hauteur d'à peine 4 %, par les ressources hydroélectriques.

Les entraves au développement du secteur de l’énergie sont :

- L’inadaptation du cadre législatif et réglementaire

- L’absence d’un système d’information énergétique

- Les déficiences de la gestion du secteur par la société Enerca qui détient le monopole de la production et de la commercialisation de l'électricité

- La faiblesse des ressources humaines et financières.

Les infrastructures en la matière se résument à deux centrales hydroélectriques (Boali 1 et Boali 2), à un barrage hydroélectrique (Boali 3), à une centrale thermique à Bangui (deux lignes de transmission reliant Bangui à Boali 1 et Boali 2) ; et à un réseau de distribution.

Les cinq générateurs de Boali 1 et les deux autres de Boali 2 ont une capacité totale d’environ 15 MW. Boali 3 ne dispose encore que de deux turbines d’une capacité totale de 10 MW.

La politique énergétique du gouvernement en matière s'est fixée sur trois priorités : la réhabiliter des centrales hydroélectriques de Boali 1 (dont la dernière réelle mise à jour remonte aux années 60) et Boali 2 et le réseau de distribution, l'augmentation de la production de Boali 3 avec de nouveaux équipements et à l'accroîssement celle de Boali 2, et enfin à la restructuration de la gestion de l’Enerca.

Dans le cadre d'un accord signé en 2008 avec l’Agence française de développement (AFD) qui a accordé une subvention de 4.2 millions euros, certains de ces travaux sont en cours d’exécution, telle la sécurisation des installations hydroélectriques de Boali 1 et Boali 2.

Des relais de protection ont été installées dans les groupes de Boali, et des transformateurs d’excitation à Boali 2, un poste HTA (haute tension A) à Boali 2, et des cellules HTA de couplage des groupes de Boali, ce qui a permis de stabiliser la fourniture de courant à la ville de Bangui et ses environs et atténué sensiblement les déclenchements des disjoncteurs généraux du réseau Boali-Bangui.

Enfin, la BAFD et de la Chine subventionnent l’équipement et l’extension de Boali 3.

Le secteur de l’eau et de l'assainissement

C'est très certainement le secteur le plus lourdement affecté par les longues années de conflits en RCA.

Le taux moyen d’accès de la population à l’eau potable n'est que de 30.2 %, tandis que la moyenne africaine est de 60 %, et le taux d'accès à l'assainissement n’est que de 5.3 % face au 31 % en Afrique.

Face à ces déficits, les autorités réagirent en adoptant en mai 2005 un Document de politique et stratégies nationales en matière d’eau et d’assainissement, puis ensuite promulgué en avril 2006 un code de l’eau et un schéma directeur pour l’eau et l’assainissement.

Le code de l’eau débouché sur la création de l’Agence nationale de l’eau et de l’assainissement (Anea) puis à la mise en place d'un Comité sectoriel eau et assainissement, avec l’Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) comme chef de file des partenaires.

Pour finir, 2 projets de la BAFD(1) approuvés en 2009 après un audit des 16 chefs-lieux de préfectures ont démarré avec retard en 2010. Il s’agissait du Projet d’appui institutionnel pour l’approvisionnement en eau et assainissement (AEPA), et du Projet assainissement et eau potable de trois chefs-lieux (Berberati, Bouar et Bossangoa).

Les services de télécommunication

Ces services et celles des technologies de l’information ont connu un boom ces dernières années. C'est ainsi que depuis décembre 2007, quatre opérateurs se partagent le marché de la téléphonie mobile en RCA : Telecel, Moov Centrafrique, Nationlink, et Orange Centrafrique.

A l'inverse, le ecteur de la téléphonie fixe ne compte qu’un seul opérateur détenu à 100 % par l’État, la Socatel (Société centrafricaine de télécommunications) en dépit de l’ouverture à la concurrence. Il est prévu que le nombre des abonnés dépasse le million en 2010 contre 700 000 en 2009, soit un accroissement de près 50 % et un taux de pénétration de 23 % de la population.

Ces progrès spectaculaires en matière de téléphonie mobile s’expliquent par l’élargissement des offres de services de téléphonie mobile aux utilisateurs à faible pouvoir d’achat, par la mise sur le marché de terminaux à un prix accessible, et par l'élargissement de la couverture des différents réseaux commerciaux.

Depus 5 ans, avec le financement de la BAFD et de la Banque Mondiale, les autorités ont pu engager des réformes visant à doter le secteur d’un cadre juridique cohérent, permettant le développement des infrastructures de base en vue d’assurer la couverture de l’ensemble de la population.

la BAFD(1) et de la Banque Mondiale encore, dans le cadre de leur stratégie commune de soutien aux politiques de développement du pays, aident au financement d'un projet régional de fibre optique (RCA, Cameroun et Tchad) intitulé Central Africa Backbone (CAB). Projet prévoyant une liaison en fibre optique reliant Bangui à Maédougou (Cameroun) qui empruntera l’oléoduc connectant Kribi (Cameroun) à Doba (Tchad), et permettant à la RCA de se connecter à moindre coût à la station terminale du câble sous-marin intercontinental SAT-3/WASC.

La RCA devrait aussi bénéficier du signal du satellite panafricain Rascom, lancé en août 2010 avec pour objectif la couverture de plus de 130 000 localités africaines, ce qui qui permettra de baisser très sensiblement le coût de la connexion à l’Internet et de la téléphonie sur le continent.

N.B : (1) BAFD (La Banque africaine de développement), (2) SFI (La Société financière internationale (SFI) est une structure de la Banque Mondiale, créée en 1956), (3) Doing Business ( Le Projet Doing Business mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 183 économies et certaines villes au niveau infranational et régional), (4) Fagace (Le FAGACE est un établissement public international à caractère économique et financier spécialisé dans la promotion des investissements publics et privés, créé en 1978. Les membres sont : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Son siège est à Cotonou (Bénin).

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